
Aujourd’hui, en janvier 2026, le blog de la revue Écho Antonin Artaud a franchi un cap symbolique : deux ans après sa création, il dépasse les 10 000 visites, portées par 5 200 visiteurs venus de 92 pays.
C’est sur ce blog que vous avez pu télécharger gratuitement, en français, en anglais et en espagnol, les treize numéros de la revue, à plus de 21 000 reprises, et découvrir les cinquante articles que nous avons préparés pour vous. Parmi eux, les numéros 10 et 11, consacrés à Artaud et les Tarahumaras et à Artaud et le rock, sont ceux qui ont rencontré le plus vif succès auprès des lecteurs.
Nous sommes profondément honorés et vous remercions très chaleureusement pour votre fidélité et votre soutien.
Pour celles et ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de découvrir l’ensemble de ces publications, il est proposé d’en rappeler ici précisément le contenu.
Présentation des numéros
Le premier numéro, paru en avril 2023 (29 pages), était consacré au séjour d’Antonin Artaud à Dublin, ainsi qu’à notre voyage sur ses traces.
Le deuxième numéro, publié en juillet 2023 (42 pages), portait sur le séjour d’Artaud à Galway. Une large partie de ce numéro était également consacrée à son internement à Ville-Évrard durant la guerre.
Le troisième numéro (47 pages) était consacré au séjour d’Artaud aux îles Aran et au mythe de l’Atlantide.
Le quatrième numéro (40 pages) était dédié aux nouveaux textes d’Artaud découverts en 2009 à Cuba, ainsi qu’à son séjour sur cette île.
Le cinquième numéro (43 pages) était principalement consacré à la question du Double et du Ka. On y trouve également un article sur le San Matteo, le bateau qui transporta Artaud à La Havane, ainsi qu’un texte consacré à nos recherches autour d’un article perdu d’Artaud en Argentine.
Le sixième numéro (50 pages) était consacré à Artaud, la peste et l’homéopathie.
Le septième numéro (58 pages) portait sur Antonin Artaud et Van Gogh.
Le huitième numéro (59 pages) abordait la question du corps sans organes, principalement vue à travers le prisme de Deleuze et Guattari.
Le neuvième numéro (75 pages) était consacré à Antonin Artaud et Héliogabale, et à l’ensemble des secrets que cache ce texte. Une large partie de ce numéro était également consacrée aux liens entre Artaud et Jean Genet.
Le dixième numéro, paru en novembre 2024 (114 pages), était consacré à Antonin Artaud et les Tarahumaras.
Le onzième numéro (158 pages) était consacré à Antonin Artaud et le rock.
Le douzième numéro (127 pages) était consacré à Artaud et ses muses, c’est-à-dire aux figures féminines qui ont marqué sa vie et son œuvre.
Enfin, le treizième numéro (117 pages) était consacré à Artaud et ses doubles.
Tous ces numéros sont entièrement téléchargeables gratuitement depuis le site de la revue : https://echoantoninartaud.com/les-numeros-decho-antonin-artaud/
Une revue collective et internationale
Si la revue a été initiée dans un premier temps par le peintre Katonas Asimis et moi-même, elle n’aurait jamais rencontré le succès qu’elle connaît aujourd’hui sans la contribution d’artistes, de passionnés et de spécialistes d’Antonin Artaud.
Dès le deuxième numéro, nous avons eu l’honneur d’accueillir un texte poétique de Patrick Beurard-Valdoye, intitulé Antonin Artaud sous protection de la Corrib.
Dans le troisième numéro, nous publions : des photographies du réalisateur Giorgos Galanopoulos, un poème de Irini Fousteri, ainsi que de magnifiques calligrammes sur Artaud de Chiron Centaure.

Dans le cinquième numéro, en supplément des œuvres originales de Katonas Asimis, figure : un article poétique de ce dernier intitulé Trois regards sur le Double, ainsi qu’un texte du peintre Antonis Vathis, intitulé Au nom d’Artaud.
Dans le sixième numéro, se trouve la première partie de l’article Artaud et la pédagogie théâtrale à travers le prisme des neurosciences, écrit par la metteuse en scène Ioli Andreadi et la chercheuse au laboratoire de neurophysiologie expérimentale Cornelia Poulopoulou. Nous y présentons également une sculpture d’Eric Vanel, représentant un buste d’Antonin Artaud.
Le septième numéro comprend : un nouveau texte de Katonas Asimis, intitulé Postmodernisme contemporain – Pourquoi Van Gogh demeure un marginal aujourd’hui, un article de François Audouy, intitulé Van Artaud, la seconde partie du texte d’Ioli Andreadi et Cornelia Poulopoulou, une interview exclusive d’Ioli Andreadi et de l’acteur Gene Gillette, qui a incarné Artaud à Broadway, ainsi que de magnifiques œuvres du peintre Christos Antonopoulos consacrées à la cruauté humaine.
Dans le huitième numéro, nous publions notamment : un article du metteur en scène Wolfgang Pannek, intitulé Le visage d’Artaud est-il représentable ?, quatre magnifiques tableaux de la peintre argentine Candelaria Silvestro, une nouvelle œuvre de Chiron Centaure, un portrait de Pierre Courtens, issu de la collection de Marie-José Pradez, ainsi que, comme dans chaque numéro, des œuvres inédites de Katonas Asimis.
Le neuvième numéro a l’honneur de publier un article de Patrick Schindler consacré à Rimbaud, Artaud et Genet.
Le dixième numéro, particulièrement dense et consacré aux Tarahumaras, publie : un texte de Thierry Guilabert, intitulé Artaud / Carasco, accompagné de photographies de Régis Hébraud, un texte de René Acosta, auteur du livre De la cruauté et du sacré sur Artaud et les Tarahumaras, une interview de Erasmo Palma Fernández, chaman tarahumara, qui aurait rencontré Artaud enfant, un texte et des photographies de l’ethnologue-artiste Sylvie Marchand, intitulé Art, corps, rites et caméras, de magnifiques photographies de Lelio Moehr et Gérard Tournebize sur les Tarahumaras, ainsi qu’une œuvre sur Artaud de Ernest Pignon-Ernest.

Le onzième numéro, consacré à Antonin Artaud et la question du rock, a l’immense honneur d’accueillir : deux articles de grands spécialistes d’Artaud : Stephen Barber, qui signe un texte sur le film de Marcus Reichert où Artaud est incarné par Mick Jagger, et Olivier Penot-Lacassagne, avec un article sur Artaud et les fanzines qui lui ont été consacrés, des textes des universitaires Peter Valente sur Nick Cave et Matt Melia, un remarquable texte de Pierrick Dufray sur Artaud et la Beat Generation, une interview exclusive de Pacôme Thiellement, ainsi que de très beaux textes de Pierre Kerroc’h, Eleni Politou, Léo de Saint-Germain, Apollonas Koliousis et Dejan Gacond.

La particularité des deux derniers numéros est qu’ils n’ont pas été dirigés par moi, mais respectivement par Laurence Meiffret (numéro 12) et François Audouy (numéro 13), même si j’ai participé activement à leur réalisation.
Le numéro 12, dirigé par Laurence Meiffret, accueille, outre des textes de Laurence Meiffret et de moi-même : des portraits inédits de Katonas Asimis des femmes ayant connu Artaud, un texte de Béatrice Seiden de Rue consacré à sa mère Jany de Ruy, ainsi qu’un texte de Pierrick Dufray consacré à Anaïs Nin.

Le numéro 13, dirigé par François Audouy, regroupe seize articles rédigés par quinze universitaires et passionnés d’Artaud, chacun consacré à une figure ou à un thème lié à Artaud : Jean-Louis Cornille sur Artaud et Nerval, Amanda di Ponto sur Artaud et Guillaume Apollinaire, moi-même avec deux articles sur Aragon et Peter Brook, Laurent Vignat sur Artaud, Jacques Rivière et Jean Paulhan, Simon De Gavre sur Artaud et Blanchot, Joeri Visser sur Artaud, Gilles Deleuze et Félix Guattari, François Audouy sur Artaud et Philippe Sollers, Damien Panerai sur Artaud et Jean-Louis Barrault, Théophile Choquer sur Artaud et le Butô, Narciso Telles sur Artaud et Arrabal, Guilherme Conrado Rispolli sur le Teatro Ipanema, Leandro Sousa Alves sur Artaud et le théâtre brésilien, et enfin Julie Louart sur ses travaux théâtraux inspirés d’Artaud.

Le blog Écho Antonin Artaud : cinquante articles pour prolonger la revue
En plus des nombreux articles publiés au fil des treize numéros de la revue, vous pouvez également découvrir cinquante autres articles inédits sur le blog Écho Antonin Artaud, qui prolongent et approfondissent les axes de recherche, d’archive, de création et de pensée critique autour d’Artaud : 1. « Valère Novarina, un écho mouvant-opérant d’Antonin Artaud » ; 2. « L’alphabet du vrai théâtre : le hiéroglyphe vivant » ; 3. « Penser la guerre depuis ce qu’Artaud a laissé brûler » ; 4. « Du Bilboquet à l’Écho : quand Artaud entre en revue » ; 5. « Antonin Artaud — pour une révolution vivante de l’esprit » ; 6. « De l’archive au feu : Pacôme Thiellement et l’esprit surréaliste » ; 7. « Quand Artaud lançait une croisade contre les Galeries Lafayette » ; 8. « Pinocchio le Mômo » ; 9. « Antonin Artaud, le désert algérien et le soufisme » ; 10. « Kabhar Enis – Kathar Esti : un chant gnostique dans la nuit de Rodez » ; 11. « Antonin Artaud et la révélation du théâtre balinais » ; 12. « Le rire cruel de Fantômas dans la gorge d’Antonin Artaud » ; 13. « Uta de Naumburg et Antonin Artaud : la dame de pierre qui a traversé les siècles » ; 14. « Antonin Artaud et la grève des théâtres de 1932 » ; 15. « Le fantôme d’Artaud dans le miroir d’Emmanuelle » ; 16. « Des voiles vers Smyrne : histoire de l’armement Artaud à Marseille (1877–1909) » ; 17. « Génica Athanasiou, l’antimuse d’Artaud : un livre nécessaire » ; 18. « Quand le Théâtre de la Cruauté frappe à la porte de la Villa Church » ; 19. « Chaosmose : l’esprit rebelle du surréalisme contre l’institutionnel » ; 20. « Appel à contribution – numéro 13 (mai 2025) » ; 21. « Écho Antonin Artaud n°11 – Artaud et le rock » ; 22. « Héliogabale ou l’Alchimiste couronné (nouvelle parution) » ; 23. « Quand Antonin Artaud incarne l’avenir : les robots de Čapek et la réalité de Tesla » ; 24. « Antonin Artaud dans Jeanne d’Arc de Dreyer à l’écran » ; 25. « // ARTAUD // : une révolte scénique portée par Julie Louart » ; 26. « Artaud oublié au pays des merveilles surréalistes » ; 27. « Les messages révolutionnaires et les textes d’Artaud découverts à Cuba » ; 28. « Distinction pour le film de Giorgos Galanopoulos sur Artaud » ; 29. « Écho Antonin Artaud n°9 – septembre 2024 » ; 30. « Plongée dans l’univers d’Antonin Artaud à la BnF » ; 31. « Artaud et son billot » ; 32. « Interview : Stephen Barber et Matt Melia » ; 33. « Dr Ferdière : certainement pas un nazi, mais encore moins un saint » ; 34. « René Félix Allendy » ; 35. « Quand Gallimard refusait Le Retour d’Artaud le Mômo » ; 36. « La comptine de Roudoudou ou la canne de Gaston ceint par Artaud » ; 37. « Fin février 1948 : Miró et Artaud, une collaboration manquée » ; 38. « Lettre d’Antonin Artaud à Marcel Pagnol recommandant Annie Besnard » ; 39. « Du voyage à l’inédit : Artaud, Pavot et les mystères révélés » ; 40. « Numéro spécial anniversaire » ; 41. « Traces rares : lettres inédites d’Artaud avant Rodez » ; 42.« Les souvenirs intimes de la fiancée d’Artaud, Cécile Schrammer » ; 43. « L’affaire Pour en finir avec le jugement de Dieu » ; 44. « Une nouvelle biographie inédite sur Antonin Artaud » ; 45. « Entre lumière et ombre : l’héritage indélébile de Paule Thévenin » ; 46. « La prophétie sur Artaud d’Alexandra Pecker » ; 47. « Artaud : au-delà de l’enveloppe mortelle » ; 48. « Événement : Les Nuits d’Artaud » ; 49. « Le masque mortuaire d’Antonin Artaud » ; 50. « Héliogabale – Antonin Artaud / Jean Genet » ;
Une revue vivante, en constante évolution
Les numéros de la revue Écho Antonin Artaud, tout comme son blog, ne sont pas conçus comme des objets figés. Ils peuvent évoluer, se transformer et s’améliorer en permanence, à la manière d’un organisme vivant. Cette dynamique fait pleinement partie du projet.
C’est pour cette raison que nous vous invitons, si vous disposez d’informations inédites, de sources complémentaires ou de corrections à nous transmettre, à ne surtout pas hésiter à nous les signaler. La revue est le plus souvent élaborée dans un travail solitaire, et malgré toute l’attention portée aux textes, des imprécisions peuvent subsister. Vos remarques, suggestions et rectifications sont donc toujours les bienvenues.
Le numéro 6 d’Écho Antonin Artaud : une version enrichie

Dans cet esprit d’évolution continue, le numéro 6 de la revue a récemment fait l’objet d’une amélioration notable. Cette nouvelle version comprend 16 pages supplémentaires, grâce à l’ajout de trois nouveaux articles et à un travail de réécriture de certains textes existants.
a) La peste de 1720 à Marseille et en France (1911) Une source directe du Théâtre et la Peste d’Antonin Artaud : Cet article parle du livre : Cet article parle du livre de Paul Gaffarel et Marius de Duranty, La peste de 1720 à Marseille et en France, publié en 1911, qui a constitué une source d’inspiration pour le texte d’Antonin Artaud, Le Théâtre et la Peste.
b) La peste ou la vérité mise à nu -Defoe, Camus et la contagion des sociétés : Cet article propose une analyse comparée de la vision de la peste chez Daniel Defoe et Albert Camus, en examinant la manière dont l’épidémie devient, chez l’un comme chez l’autre, un révélateur des structures morales, politiques et sociales des sociétés humaines.
c) La Médecine qui ne guérit pas – Enfance traumatique, faux diagnostics et spirale des traitements toxiques : Cet article analyse l’ensemble des traitements, souvent inadaptés ou inutiles, qui ont contribué à détériorer durablement la santé mentale et physique d’Antonin Artaud, en les replaçant dans le contexte médical et psychiatrique de son époque.
Par ailleurs, certains articles déjà présents dans le numéro ont été repris et retravaillés sur le plan de l’écriture, afin d’en renforcer la lisibilité et la précision, sans en altérer le contenu.
Mes ouvrages sur Antonin Artaud : une recherche au long cours entre transmission et dialogue
Tous les articles et numéros de la revue Écho Antonin Artaud répondent dès l’origine à une double mission.
La première consiste à initier les lecteurs à certains concepts et axes de pensée d’Artaud que j’analyse de manière beaucoup plus approfondie dans mes ouvrages.
La seconde vise à ouvrir un dialogue vivant avec les lecteurs et les amateurs d’Artaud, afin d’enrichir, de confronter et parfois de réorienter mes recherches en cours.
Ouvrages publiés ou achevés
À ce jour, les ouvrages que j’ai publiés ou finalisés sont les suivants :
1 Antonin Artaud ou l’anarchiste courroucé Éditions Libertaires, 2018 – 155 pages
Écrit dans un style volontairement simple, presque oral, parfois brut, ce livre a pour objectif d’initier de manière accessible et non académique des lecteurs qui ne connaissent pas encore en profondeur Artaud, son mythe et sa pensée.

2. The Bachall Isu ou la Canne de Saint Artaud Autoédition, 2020 – 160 pages (tirage limité à 50 exemplaires, aujourd’hui épuisé)
Cet ouvrage explore principalement la question de la Canne de Saint Patrick et celle de la canne d’Artaud, en lien avec son voyage en Irlande, pour lequel nous avons pu recueillir de nouvelles informations sur place. Il propose également une analyse approfondie des Nouvelles Révélations de l’Être, des tirages du Tarot d’Artaud, ainsi qu’une enquête sur ses prophéties et celles de certains membres du surréalisme ou du Grand Jeu, notamment Roger Gilbert-Lecomte.

3. Le surréalisme et la fin de l’ère Artaud Éditions L’Harmattan, (2022, 144 pages)
Issu en grande partie de la première section de ma thèse de doctorat soutenue à la Sorbonne en 2011, cet ouvrage s’intéresse aux querelles politiques internes au surréalisme dans les années 1920, et plus particulièrement à la fracture entre Artaud et le groupe de Breton autour des notions de révolution de l’esprit et de marxisme.

4. Héliogabale ou l’alchimiste couronné Éditions Philomène Alchimie, (2024, 370 pages)
Il s’agit sans doute du livre qui m’a demandé le plus de temps et d’efforts. Dense en concepts philosophiques et ésotériques, il a profondément transformé ma vision d’Artaud. L’ouvrage propose une analyse détaillée des idées métaphysiques et ésotériques présentes dans Héliogabale ou l’anarchiste couronné (1934). Son écriture m’a conduit à lire et relire un grand nombre d’ouvrages ésotériques qu’Artaud avait lui-même consultés de son vivant.

5. Artaud le marteau : asiles, drogues, électrochocs, Manuscrit achevé – (2023, 250 pages)
Ce travail analyse en détail les traitements médicaux et psychiatriques subis par Artaud depuis l’enfance, sa dépendance aux drogues, ainsi que les abus — notamment les électrochocs — qu’il a subis lors de ses internements. L’ouvrage s’attache également à démêler le vrai du faux concernant les diagnostics médicaux et psychiatriques qui lui ont été attribués, tant sur le plan physique que mental.

6. Études sur les textes mexicains d’Antonin Artaud, partie I : articles retrouvés à Cuba (2024, 40 pages)
Ce livre constitue la première partie d’un triptyque consacré aux textes écrits par Artaud au Mexique. Il analyse en détail les textes découverts à Cuba en 2009, en mettant en lumière leur originalité, leur portée théorique et leur importance dans l’évolution de la pensée artaudienne.

7. Le Théâtre et son Double Ka, Manuscrit achevé – (2025, 260 pages)
Bien que terminé à l’été 2025, ce livre est l’aboutissement d’un travail entamé dès 2011. Il analyse en profondeur les grands thèmes du Théâtre et son Double — culture, peste, métaphysique, cruauté — en les inscrivant dans une perspective élargie et transversale.

Une publication difficile, mais féconde
Sur les sept ouvrages achevés, seuls trois ont à ce jour été publiés, dans des maisons d’édition qui ne m’ont encore apporté aucune rémunération. Je regrette que des travaux particulièrement denses, tels que Artaud le marteau ou Le Théâtre et son Double Ka, n’aient pas encore trouvé d’éditeur. Pour l’instant, je n’ai ni les moyens financiers ni l’envie de les autopublier ou de les confier à de très petites structures éditoriales. Sans entrer dans le même degré de détail que dans mes livres, les articles de la revue et du blog offrent néanmoins suffisamment d’éléments pour rendre visible l’ampleur et la rigueur du travail accompli.
Cette difficulté à être publié présente aussi des avantages. Elle me permet de corriger, d’augmenter et d’enrichir continuellement mes ouvrages à la lumière de nouvelles recherches. À titre d’exemple, The Bachall Isu ou la Canne de Saint Patrick a profondément évolué depuis 2020. Sa nouvelle version, plus dense, corrigée et augmentée d’une trentaine de pages, intègre plusieurs découvertes récentes, notamment issues de mon voyage en Irlande. Elle inclut également une photographie pouvant constituer une hypothèse sérieuse quant à la véritable canne qu’Artaud aurait portée lors de son séjour irlandais.
Perspectives et projets à venir : approfondir, transmettre, incarner
Comme nous l’avons souvent souligné, les articles du blog comme les numéros de la revue ont vocation à être enrichis au fil du temps, à mesure que de nouvelles informations apparaissent. Cette démarche s’inscrit dans un travail continu d’approfondissement, de clarification et de transmission.
De nouveaux articles paraîtront donc régulièrement, et peut-être aussi, de manière non périodique, de nouveaux numéros de la revue, en fonction de l’avancée des recherches et des possibilités concrètes.
Une nouvelle biographie détaillée et inédite sur Antonin Artaud

Ce projet prend la forme d’un triptyque biographique, composé de trois livres autonomes mais étroitement liés, qui, ensemble, proposent une exploration complète, rigoureuse et nuancée de la vie et de l’œuvre de Antonin Artaud. Chaque volume répond à une approche spécifique — historique, narrative ou transversale — tout en s’inscrivant dans une même exigence de précision, de profondeur et de fidélité à la complexité de cet artiste iconoclaste. J’ai fait le choix de prendre le temps nécessaire afin que chaque livre soit pleinement abouti et à la hauteur de cette ambition.
Le premier livre est une biographie de référence, extrêmement détaillée et rigoureuse, fondée sur un travail approfondi d’archives, de contextualisation historique et de vérification systématique des sources. Il retrace avec la plus grande précision possible la vie, l’œuvre et les déplacements d’Artaud, sans céder à la spéculation. Ce volume s’adresse en priorité aux chercheurs, universitaires et lecteurs désireux de disposer d’un outil fiable, solide et durable.
Le deuxième livre, adopte une forme radicalement différente : celle d’un roman biographique. Fondé sur des témoignages authentiques et des faits avérés, il assume néanmoins des libertés narratives afin d’explorer Artaud de l’intérieur — ses sensations, ses émotions, ses relations, ses gestes quotidiens. À travers des scènes de vie, des anecdotes des ambiances et des détails concrets souvent absents des biographies classiques, ce volume propose une approche plus intime, incarnée et sensible de son existence.
Le troisième livre constitue le volet le plus ambitieux du triptyque. Ses contours restent volontairement confidentiels, mais il ne s’agira ni d’une biographie au sens strict, ni d’un roman.
Pour une présentation plus détaillée de ce triptyque et de ses enjeux, on pourra se référer au numéro 7 de la revue Écho Antonin Artaud.
Pour comprendre ma manière de travailler, il faut savoir que les articles du blog de la revue — constamment enrichis, corrigés et réécrits — rendent visibles les différentes étapes de l’élaboration de ce travail, ainsi que des pans de recherche qui ne peuvent trouver leur place dans une biographie sans risquer de l’alourdir ou d’en affaiblir la rigueur méthodologique. Les articles, comme certains livres, m’offrent ainsi une liberté d’exploration et d’expérimentation, notamment la possibilité d’y intégrer des points de vue personnels, que la biographie, fondée sur des faits précis et une exigence de rigueur, ne permet pas toujours.
Contrairement à ce que j’avais annoncé il y a deux ans, j’ai désormais fait le choix de prendre le temps nécessaire pour mener à bien cette biographie, sans me fixer de calendrier artificiel. Ce travail sera achevé lorsque les conditions seront réunies : d’une part, pour garantir un niveau d’exigence et de qualité à la hauteur du projet ; d’autre part, lorsque les conditions de publication et l’intérêt du public pour Artaud permettront à cet ouvrage d’exister pleinement.
Projets d’ouvrages à venir sur Artaud
Les projets de nouveaux livres autour d’Artaud ne manquent pas. Je dispose aujourd’hui d’un ensemble de notes suffisamment dense pour envisager plusieurs ouvrages :
a) Un travail sur la notion de corps sans organes ;
b) Un autre consacré à la question de Dieu, le gnosticisme et les envoutements, à partir des textes les plus hermétiques d’Artaud.
c) Et Études sur les textes mexicains d’Antonin Artaud qui est un triptyque consacré à l’analyse approfondie des écrits d’Artaud lors de son séjour au Mexique, en explorant des textes longtemps méconnus. Le premier volume, Articles retrouvés à Cuba (rédigé mais non publié), étudie quatre articles parus dans la revue Grafos, découverts en 2009 à la Bibliothèque nationale José Martí de La Havane. Le deuxième volume, Messages révolutionnaires, analyse les textes publiés dans le tome 8 des éditions Gallimard, où Artaud développe une pensée métaphysique radicale et une critique profonde des structures sociales et artistiques de son époque. Le troisième volume, Les Tarahumaras, se concentre sur les écrits consacrés à la communauté indigène du même nom, révélant l’intérêt d’Artaud pour les traditions ancestrales et sa quête d’une libération des forces spirituelles qu’il y percevait.
Cependant, même si je continue à nourrir ces chantiers de nouvelles informations, je ne vois pas encore l’intérêt d’en ouvrir formellement de nouveaux alors que deux ouvrages majeurs, particulièrement denses, sont déjà achevés mais non publiés: Le Théâtre et son Double Ka et Artaud le Marteau asiles, drogues, éléctrochocs. Ce n’est que si les conditions de publication sont réunies — dans des conditions éditoriales réellement satisfaisantes — que j’envisagerai d’engager pleinement ces nouveaux projets.
Entre partage libre, reconnaissance et viabilité : un choix éditorial
J’ai été profondément honoré de publier mes premiers livres chez des éditeurs de qualité. J’aimerais cependant que les prochains ouvrages, prêts ou en cours de préparation, bénéficient d’une visibilité plus large et puissent, a minima, m’apporter un retour matériel symbolique. Jusqu’à présent, l’ensemble de mon travail autour d’Artaud ne m’a rien rapporté financièrement ; au contraire, il m’a coûté énormément, tant en temps qu’en ressources.
La question qui se pose désormais est la suivante : dois-je continuer à partager librement et gratuitement l’ensemble des informations issues de mes recherches sur Artaud, que ce soit en accès ouvert ou via de petites maisons d’édition, ou bien attendre le temps nécessaire afin de réunir de meilleures conditions de publication et susciter un intérêt plus large du public pour l’œuvre d’Artaud ?
Au regard de l’ampleur du travail déjà accompli et du nombre important de livres achevés, la création de ma propre maison d’édition pourrait devenir une option sérieuse.
L’idée d’une maison d’édition exclusivement consacrée à Artaud m’attire pour plusieurs raisons : elle me permettrait de publier mes livres en toute liberté, tout en offrant une véritable visibilité à des auteurs de grande qualité ayant accompli un travail d’exception, mais demeurant peu médiatisés. J’hésite toutefois, conscient qu’un tel projet pourrait m’éloigner du travail artistique proprement dit et m’entraîner vers des tâches essentiellement administratives.
Se pose enfin la question de la viabilité économique : je ne sais pas si un tel projet pourrait susciter un intérêt suffisant pour être financièrement tenable. Bien entendu, nous savons qu’écrire et publier sur Artaud ne rendra personne riche ; l’enjeu serait déjà de ne plus travailler à perte.
Théâtre, corps et mise à l’épreuve de la pensée
Enfin, comme beaucoup le savent, je suis également comédien. Convaincu depuis longtemps que la pensée d’Artaud ne peut rester cantonnée au seul champ des mots, je travaille parallèlement à l’élaboration d’une technique de jeu inspirée de son œuvre.
L’objectif serait d’abord de constituer un ensemble d’exercices fondés sur Artaud, puis de les éprouver par la pratique, de les affiner et de les faire évoluer au contact du corps, du souffle et de la scène. Si les conditions s’y prêtent, pourquoi ne pas aller plus loin encore, jusqu’à la création d’un véritable Théâtre de la Cruauté, dans un lieu pensé et adapté aux exigences radicales d’un tel projet.
Autres travaux d’écriture
Mes travaux d’écriture ne se limitent pas à Antonin Artaud. En 2023, en cherchant à comprendre en profondeur la logique du Théâtre et la Peste, j’ai achevé un ouvrage intitulé Natura est medicus morborum de 170 pages consacré à la philosophie et aux fondements scientifiques de l’homéopathie.
J’ai également écrit trois pièces de théâtre : Quand une fois il était, inspirée de Woyzeck de Büchner, de l’univers de David Lynch et des écrits de Colette Thomas ; La nouvelle révolte du boucher, une œuvre surréaliste rédigée en grec ; et Homme, Humain, Homme-Machine.
À ces travaux s’ajoutent un essai sur l’histoire du Théâtre de l’Épée de Bois, à la Cartoucherie de Vincennes, ainsi qu’un recueil de poèmes intitulé Ab Uno Disce Omnes.
Depuis trois ans, je travaille enfin sur un roman ambitieux en trois volumes (environ 650 pages), dont l’action se déploie sur plusieurs décennies : à Stromboli dans les années 1960, à Londres dans les années 1970, puis en Afrique dans les années 1980.
Le premier volume, d’environ 140 pages, vient tout juste d’être achevé.
Conclusion
Pour résumer, le blog de la revue Écho Antonin Artaud (https://echoantoninartaud.com) compte à ce jour 13 numéros longs, enrichis d’œuvres inédites de Katonas Asimis (k-asimis.com), ainsi que de contributions de nombreux autres artistes et chercheurs. Publiés en français, en anglais et parfois en espagnol, ces numéros sont entièrement téléchargeables gratuitement en PDF. Il en existe également une version papier, réservée à un usage interne et non destinée à la vente.
Le site propose par ailleurs environ 50 articles, une page Facebook servant de relais d’actualité, ainsi que des informations détaillées sur la démarche, l’équipe et les travaux en cours.
Nous restons bien entendu moi et Katonas ouverts aux échanges : pour toute remarque, proposition d’idée, correction ou contribution, vous pouvez nous écrire à l’adresse suivante :
echoantoninartaud@outlook.fr
Nous tenons enfin à remercier tout particulièrement la revue électronique Actualitté, et plus spécifiquement Hocine Bouhadjera, qui relaie régulièrement des articles issus du blog, ainsi que l’ensemble des contributeurs de la revue. Nous adressons également des remerciements appuyés aux fidèles collaborateurs François Audouy et Laurence Meiffret, qui ont chacun dirigé un numéro, ainsi qu’à Pacôme Thiellement, qui a évoqué à plusieurs reprises notre travail.
Ilios Chailly
